Médiation octobre par Christine Rumpel

 

Lecture : Luc 18,1-8
 
Je ne sais pas vous, mais avec le mauvais temps de ces jours, le froid qui arrive, la nuit de plus en plus tôt, j’ai plutôt envie de me plaindre, ces temps-ci.

Pour des petits choses comme la météo nous osons nous plaindre, mais quand il s’agit de choses plus graves, nous avons tendance à faire comme si rien n’étaitJ’ai entendu plusieurs fois : « vous savez, ce n’est pas la grande forme », « j’ai mal à ma hanche », « je viens de me faire opérer », ou encore « ma santé ne va pas très bien », mais, dans la plupart des cas, ces plaintes sont accompagnées de la conclusion suivante : « mais vous savez il y a bien pire que moi ». Ou alors : « ce n’est pas grave, c’est l’âge qui veut ça ». 

Alors, avons-nous vraiment le droit de nous plaindre en tant que chrétiens, ici, dans le canton de Vaud ?

Se plaindre, pourtant, c’est avant tout être humain. C’est être pleinement dans ce monde avec un corps, un prochain qui ne pense et n’agit pas toujours comme nous l’aimerions, une création dans laquelle nous devons vivre, mais qui ne nous réserve pas que du beau temps.

Alors, oui, nous avons le droit de nous plaindre, car ces plaintes nous permettent une chose très importante : celle de rester en relation. En l’occurrence, de rester en relation avec Dieu. Il s’agit même d’un style biblique : les plaintes des psalmistes.

Il ne faut néanmoins pas confondre une plainte, c’est-à-dire une parole qui exprime notre douleur ou notre peine, avec le fait de râler, qui n’est rien d’autre qu’une manifestation de sa mauvaise humeur.

La plainte est utile quand elle nous met en mouvement, comme cette veuve qui sort de chez elle pour demander de l’aide.

Il y a bien entendu des choses que nous ne pouvons pas changer nous-mêmes, mais nous sommes appelés à persévérer dans la prière.
Nous avons la certitude que Dieu est présent, qu’il nous entend, qu’il agit et nous réconforte car, si même un juge au cœur de pierre rend justice, nous n’avons pas de doute à avoir sur notre Dieu plein de bonté et d’amour.

Ce texte nous donne l’espérance et la certitude que Dieu nous écoute et reçoit nos soupirs.

Alors oui, nous avons le droit de nous plaindre, et nous sommes même appelés à le faire auprès de Dieu. Ne nous décourageons pas, car se décourager c’est s’éloigner de lui et de son amour.